Interview Marie-Claude Cassegrain

J : Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

MCC : En fait, il y a très, très longtemps que j’écris : cela a commencé vers 11 ans lorsque j’écrivais des pièces pour le théâtre de marionnettes qu’une amie avait reçu en cadeau ; ensuite il y eut la lettre du lycée, la lettre interne d’une des sociétés dans laquelle je travaillais, le journal d’une autre ; puis , lorsque j’ai eu mon agence de communication, je rédigeais pour mes clients les textes de leurs brochures, de leurs lettres d’entreprise, de leur sites web. J’ai l’impression d’avoir toujours eu une plume à la main.

 

 

J : Vous qui êtes une vraie parisienne, pourquoi avoir choisi de vous éloigner de la civilisation sur une île sans électricité ni route ?

MCC : parce que je ne parvenais pas à écrire autant que je le voulais à Paris. Il y a trop de mouvement, de tension, de sollicitations de toutes sortes. J’avais toujours rêvé d’écrire dans le désert ou sur une île déserte. Elle n’est pas tout à fait déserte, mon île, mais j’y ai trouvé le calme et la sérénité indispensables pour créer.

 

J : Parlez-moi un peu de ce roman ; comment avez-vous écrit un camaïeu de gris et de beige ?

MCC : En fait, j’avais envie d’écrire une pièce ou un roman, mais je ne savais pas quoi ni pour dire quoi. J’avais plein d’idées en tête sur ce que j’aime, je n’aime pas et il me fallait créer des personnages, dérouler une histoire et je n’avais aucune technique. Alors, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé par inventer deux personnages et je me suis dit « qu’est-ce que je vais leur faire vivre ? » Et petit à petit, c’est venu. Il y a eu d’autres personnages, de nouveaux événements me sont venus à l’esprit. Au bout d’un an, j’avais produit un roman.

 

J : Un camaïeu de gris et de beige raconte l’histoire, ou plutôt les histoires, d’une dizaine de personnages dont vous analysez précieusement la psychologie et vous mettez en musique des caractères très différents. J’ai envie de vous demander qui vous êtes dans ce roman ?

MCC : Je ne suis aucun de mes personnages. Je les ai tous inventés, mais je crée parfois des situations comparables à certaines que j’ai vécues ou dont j’ai été témoin et je me sers de mes personnages pour exprimer des sentiments que je ressens, des attitudes que je déteste ou estime, des actions que je réprouve ou soutiens.

 

J : Et vous avez commencé à chercher un éditeur. Vous avez dû souffrir, car des romans, il s’en écrit beaucoup et nombreux sont ceux qui ne voient pas le jour.

MCC : Vous allez trop vite. Non, je n’ai pas tout de suite cherché un éditeur. J’avais besoin de savoir ce que valait mon roman et j’ai eu la chance de rencontrer chez des amis une conseillère municipale qui animait à Montluçon un club de lectrices et qui a proposé de le leur faire lire.

 

J : Et alors ? J’imagine que vous attendiez avec anxiété leur jugement.

MCC : En effet. Lorsque j’ai lu le document de deux pages de critiques que cette personne m’a envoyé, il y avait des compliments, des remarques négatives sensées et un encouragement à poursuivre. Je me suis décidée à remanier mon roman et j’ai pris une conseillère littéraire, une ancienne lectrice de Gallimard. Elle m’a donné de précieux conseils et plusieurs mois plus tard j’avais achevé une nouvelle mouture. Alors, a commencé la recherche d’éditeurs. Mais je n’étais à Paris que quatre mois par an et je n’imaginais pas d’intéresser un éditeur, pour la raison que vous citiez. J’ai envoyé mon manuscrit à sept d’entre eux. Deux ne m’ont pas répondu, deux me l’ont renvoyé sans argumentation, deux avec des commentaires encourageants et un, enfin, avec une lettre chaleureuse et flatteuse, mais qui ne l’a finalement pas pris.

 

J : Peut-on savoir de qui il s’agit ?

MCC : Non, parce que il aurait fallu que je lui demande l’autorisation de vous le dire avant cette ITW.

 

J : Vous auriez pu en contacter beaucoup plus. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ?

MCC : Parce que je n’y croyais pas vraiment, que j’avais depuis le début l’intention de m’autoéditer et parce que je repartais bientôt à Madagascar.

 

J : Pour écrire à nouveau ?

MCC : Oui. J’ai commencé l’année dernière une pièce de théâtre que je voudrais finir et j’écris parallèlement un nouveau roman. Ensuite, j’écrirai sans doute un roman qui se situera sur mon île.

 

J : Je vois que vous ne manquez pas de projets. Je vous souhaite qu’un camaïeu de gris et de beige trouve son lectorat et vous incite à poursuivre dans cette voie que vous avez entamée depuis que vous êtes libérée de vos obligations professionnelles.

 

A propos de MC Cassegrain

Après une carrière professionnelle dense, Marie-Claude  aborde sur  une autre rive : celle de l’écriture.Quand on lui demande de résumer en deux mots sa vie, elle répond : une vie riche!

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