Interview du 6 mai 2017

J : Vous venez de sortir votre deuxième roman intitulé « L’improbable complicité », dont le sujet est très différent du premier puisque d’un roman choral vous passez à un roman sur l'adultère. Vous pouvez nous en parler un peu?

 

MCC : En fait, il ne s’agit pas tant de l’adultère que de l’emprise d’un homme sur une femme, qui n’en prendra pas conscience tout de suite et qui va peu à peu se laisser modeler et d’une certaine façon se soumettre à celui qu’elle aime, jusqu’à devenir une autre. Jusqu’au jour où elle réagira et décidera de reprendre sa destinée en mains. Et cela ne se fera pas sans douleur.

 

J : Pourquoi ce sujet et pourquoi maintenant? Car c’est un thème qui a été traité sous de nombreuses versions, tant en littérature romanesque qu’au cinéma ? Qu’apportez-vous de nouveau?

MCC :  Pourquoi ce sujet? Parce que à force d’être témoin d’histoires à travers les médias ou par des confidences directes ou indirectes, je me suis sentie proche de ces femmes, souvent intelligentes,  qui perdaient une part de leur identité et de leur autonomie parce qu’elles aimaient. Je voulais aussi comprendre comment elles pouvaient se transformer au point de ne plus décider d’elles-mêmes. 

 

J : Qu’y-a-t-il de vous dans cette histoire ?

MCC Il y a forcément une part de moi, mais pas seulement. Je me sers de mes personnages pour transmettre des idées que je défends ou décrire des comportements que je réprouve, exprimer des sentiments. Je m’appuie aussi parfois aussi sur ce que j’ai vécu et je transforme ma réalité. Les situations dans lesquelles je mets mes personnages sont le fruit de mon observation et de mon imagination; et je me demande même parfois où je vais les chercher. 

 

J : Comment concevez-vous un livre ?

MCC J’y pense longtemps avant de jeter les premières phrases et lorsque je sens l’histoire je commence à écrire, sans plan, et me laisse emporter par les personnages que je crée au fur et à mesure. Cela prend un certain temps avant que je parvienne à une mouture qui ressemble à quelque chose. Alors, je l’envoie à Anne-Sophie Monglon, une ancienne de Gallimard, ma conseillère littéraire, dont je ne saurais me passer. Je reçois ses conseils, ses interrogations et je reprends l’écriture encore et encore. Quand je me sens bien avancée, j’envoie le texte qui me parait abouti au club de lectrices de Montluçon. Et d’elles non plus je ne saurais me passer. Leurs critiques m’aident beaucoup. Elles m’ont encouragée à poursuivre l’écriture de « Un camaïeu… » Et je repars en écriture. Je revois ma conseillère et arrive le moment où je ne veux plus, ne peux plus, y toucher. 

 

J : Alors commence la recherche d’un éditeur, je suppose.

MCC : Oui, mais je n’envoie qu’une dizaine de manuscrits. Mon livre n’est pas retenu, mais les arguments m’aident à comprendre ce qui manque encore ou m’encouragent à reprendre. C’est ce que j’ai fait pour « Un camaïeu… » grâce à Anne Carrière et l’accueil fait à ce livre m’a démontré que j’avais eu raison de l’auto-éditer. De même, la réaction de l’éditrice Antoinette Fouques m’a poussée à revoir la fin de « L'improbable complicité » et j’espère que le très bon accueil de mes premières lectrices va se confirmer.

 

J : C’est tout le mal que je vous souhaite. Un nouveau roman est en route ? 

MCC Oui, mais j’en parlerai plus tard

A propos de MC Cassegrain

Après une carrière professionnelle dense, Marie-Claude  aborde sur  une autre rive : celle de l’écriture.Quand on lui demande de résumer en deux mots sa vie, elle répond : une vie riche!

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